Pourquoi une approche par le corps, la nature et le rite ?
Après 18 ans d’accompagnement psychocorporel à l’Espace Oshoun, une conviction s’est affirmée avec force : pour les femmes touchées par la violence, sous toutes ses formes, la parole seule ne suffit pas à tout dénouer.
Une violence aux visages multiples
La violence ne se limite pas à un acte isolé, commis par un agresseur clairement désigné. Elle peut être subie — physique, psychologique, économique, sexuelle — parfois encore présente aujourd’hui. Mais elle peut aussi se love ailleurs : dans le silence, dans le corps, dans une lignée. Elle peut ressurgir sous des formes détournées, retournée contre soi-même — à travers des comportements alimentaires, des actes sur son propre corps que l’on vient parfois à regretter — ou, par la blessure, se rejouer malgré soi dans le lien à d’autres.
Il ne s’agit pas ici de juger la forme que la blessure a prise, ni de désigner ce qui relève ou non de la violence — certains gestes posés sur le corps peuvent être un plaisir, une affirmation de soi, et non une blessure. Il s’agit plutôt de reconnaître que pour certaines femmes, quelque chose dans le rapport au corps s’est rompu, et que ce sont elles que cette approche cherche à accueillir, sans étiquette ni jugement.
Le corps se souvient
Le corps porte une mémoire. Il peut être blessé par la violence, mais il peut aussi être soigné, retissé, réhabité. C’est cette conviction, née d’une expérience personnelle transformée en chemin d’accompagnement, qui fonde la nouvelle offre de l’Espace Oshoun — et qui a donné naissance, plus largement, à l’association ALAFIA, Ouidah-Fribourg, la voie de l’union : Traverser la fragmentation, bâtir la résilience, s’allier au vivant.
Face à des blessures qui se logent dans le corps et non seulement dans le récit qu’on en fait, une approche par la seule parole atteint parfois ses limites. Le corps, la nature et le rite offrent un autre chemin : celui de retrouver, par le geste et le symbole, une sécurité en soi, dans son corps, et dans son lien au vivant.
Trois piliers
Cette approche s’articule autour de trois convictions :
Le rite comme passage. Le passage d’un état à un autre — de la blessure à la reconstruction — ne se fait pas seulement par la pensée. Il se fait par le geste, le symbole, la connexion à la nature. Le rituel n’est pas un folklore : c’est un outil de transformation, ancré dans des traditions vivantes, aussi bien africaines qu’universelles.
Devenir soi. Le chemin de guérison est un chemin de rencontre avec ses propres ombres et ses propres forces — un processus d’intégration, où la femme se réapproprie les parts d’elle-même que la violence avait fait taire.
L’écoute du vivant. Il ne s’agit pas de forcer la guérison, mais de créer les conditions pour qu’elle advienne, au rythme de chaque femme — dans une conscience aussi du lien profond entre le corps de la femme et le corps de la Terre, tous deux porteurs de vie, tous deux trop souvent blessés.
Créer des espaces de sécurité
C’est là tout l’enjeu de cette approche : offrir des espaces où la sécurité intérieure peut se retisser — la sécurité dans son corps, la sécurité dans sa parole, la sécurité dans son lien aux autres et à la Terre. Non pas en forçant un chemin, mais en créant les conditions pour qu’il devienne possible.
Une âme éprouvée, une offre nouvelle
Ces trois piliers ne sont pas nouveaux à l’Espace Oshoun : ils infusent depuis 18 ans le soin énergétique, le massage alchimique, la psychomagie et l’accompagnement d’individuation proposés à Fribourg.
La nouvelle offre dédiée aux femmes touchées par la violence s’inscrit dans cette même vision du soin. Mais elle propose des espaces spécifiquement conçus pour ce chemin : le soin rituel de métamorphose, l’accompagnement rituel duo ou famille, les cercles créatifs de transmutation, les ateliers de psychomagie en nature — pensés et adaptés pour répondre précisément aux besoins de reconstruction.
L’esprit reste le même. La proposition, elle, est neuve — et s’inscrit désormais dans une vision plus large : celle d’un pont entre deux terres, la Suisse et le Bénin, porté par l’association ALAFIA.
Découvrez le détail de ces accompagnements sur la page de l’Espace Oshoun.




