Premières pierres — Dimanche 30 août 2026
Ce dimanche 30 août, à l’Espace Oshoun, quatre femmes se sont réunies autour d’une bougie. Une flamme simple, mais posée avec intention — comme pour dire que ce qui allait naître ici méritait d’être accueilli avec recueillement.
C’est dans ce cercle que Olaïtan Iyabumi Lalèyê a exposé le projet qui l’habite depuis longtemps : la création de l’association ALAFIA, pont entre Ouidah et Fribourg, entre le Bénin et la Suisse.
Quatre points à l'origine d'un appel
Oalïtan e a partagé les quatre fils qui, tissés ensemble, ont donné naissance à ce projet :
Une mémoire dans le sang. Celle d’une femme africaine, héritière d’une histoire marquée par l’esclavage — une mémoire ancienne, inscrite dans le corps, transmise à travers les générations sans toujours pouvoir être nommée.
Un parcours de vie traversé par la violence, sous différentes formes — subie, mais aussi parfois retournée contre soi-même ou projetée vers l’autre. Une violence qui ne s’arrête pas à celui qui l’inflige en premier, mais qui se love dans le silence et peut ressurgir de manière détournée.
Un chemin de réappropriation — de son corps, de sa vie, de sa dignité. Un chemin personnel, vécu et digéré pendant des années, qui a permis d’identifier ce qui aide réellement à se reconstruire.
Un lien particulier à un ancêtre maternel — un chasseur-guérisseur, prince, ayant vécu 113 ans, reconnu pour avoir protégé les femmes de son vivant. Une figure tutélaire, une mémoire vivante qui semble avoir traversé le temps pour venir irriguer ce projet aujourd’hui.
Le corps de la femme, le corps de la Terre
Olaïtan a aussi évoqué ce lien qu’elle porte en elle comme une évidence : les blessures vécues par les femmes et les blessures faites à la Terre procèdent d’un même aveuglement, celui d’un rapport au vivant qui a perdu le respect du féminin. Soigner l’un, c’est aussi réparer l’autre.
De cette conscience est née l’urgence : celle de créer un chemin d’exploration et de réconciliation avec soi-même, en tant que femme — un chemin où le corps retrouve sa mémoire, et où cette mémoire retrouve un sens.
Un cercle qui se présente
Chacune femmes présentes, Roberta, Noémie et Lydie a pris la parole, à tour de rôle, pour se présenter et partager ce qui l’amenait dans ce cercle naissant.
Pour commencer cette aventure, Marguerite Lalèyê portera le rôle de fondatrice et présidente de l’association, et Lydie Lumpini celui de secrétaire-trésorière.
Ainsi commence ALAFIA — non pas dans les papiers ou les statuts, mais autour d’une bougie, dans un cercle de femmes qui ont choisi de se réunir.




