Pourquoi en parler ?
«En moyenne, plus de 55 cas de violences domestiques sont signalés chaque jour dans notre pays, et 70% des victimes sont des femmes», rappelle le SSP Fribourg. «En 2021, 25 féminicides ont été recensés en Suisse», précise le communiqué de presse.(Lire cet article)
On pense souvent que la violence, c’est un coup, un cri, une agression visible. Mais la violence prend bien d’autres visages — parfois si discrets qu’on met du temps à les reconnaître, chez soi ou chez les autres. Comprendre ces différentes formes, c’est déjà commencer à se situer, à mettre des mots sur ce qu’on a vécu ou ce qu’on vit peut-être encore aujourd’hui.
Cet article n’a pas pour but de juger ou de classer les souffrances entre elles. Il propose simplement des repères, pour vous aider à mieux comprendre ce que vous ressentez.

La violence physique
C’est la forme la plus connue : coups, gestes brutaux, contraintes exercées sur le corps. Elle peut laisser des marques visibles, mais elle laisse aussi des traces invisibles — de la peur, de la méfiance, parfois un sentiment d’être coupée de son propre corps.

Violence sexuelle
Elle concerne tout acte à caractère sexuel imposé sans consentement : cela va de remarques ou pressions insistantes jusqu’à l’agression ou le viol. Cette violence touche à l’intime, et peut fragiliser durablement le rapport à son propre corps et à sa confiance en soi.

Violence psychologique
Elle ne laisse pas de trace visible, mais elle fait tout autant de mal : dénigrement, moqueries répétées, contrôle, isolement, chantage affectif, humiliations. Elle mine peu à peu l’estime de soi, jusqu’à parfois ne plus savoir ce qu’on vaut vraiment.

La violence symbolique
C’est la plus difficile à nommer, car elle n’a pas toujours un visage précis. Elle se cache dans certaines habitudes, certains silences, certaines phrases répétées depuis l’enfance (« une femme ne devrait pas… », « ce n’est pas si grave »). Elle vient des normes et des représentations qui nous entourent, et qui, sans qu’on s’en rende toujours compte, peuvent dévaloriser ou réduire une personne au silence.
Quand la violence se retourne contre soi
C’est une réalité qu’on ose rarement dire à voix haute : une violence vécue peut, avec le temps, se retourner contre soi-même. Cela peut prendre la forme de dévalorisation, d’auto-sabotage, ou de gestes qu’on s’inflige à soi-même. Le reconnaître, sans honte, est déjà un acte de courage — et souvent, un premier pas vers la guérison.
Une mémoire qui vient d'avant nous
Parfois, la blessure qu’on porte n’est pas totalement la nôtre : elle vient d’une histoire familiale, d’une mère, d’une grand-mère, d’un silence transmis de génération en génération sans qu’on l’ait choisi. On peut alors porter un poids qui ne nous appartient pas en propre, mais qui pèse tout autant.

Le corps de la femme, le corps de la terre
Certaines approches font aussi un lien entre la violence faite aux femmes et celle faite à la nature : les deux sont souvent traitées sans respect, exploitées, poussées au-delà de leurs limites. Prendre soin de son propre corps, c’est aussi, d’une certaine façon, retisser un lien plus respectueux avec le vivant qui nous entoure.
Se situer, sans se juger
Il n’y a pas de hiérarchie entre ces violences : aucune n’est « moins grave » ou « plus légitime » qu’une autre. Vous pouvez avoir vécu une seule de ces formes, ou plusieurs à la fois, parfois sans même en avoir pleinement conscience.
Si en lisant ces lignes, quelque chose résonne en vous — un souvenir, une sensation, une intuition — sachez que vous n’êtes pas seule, et qu’il existe des chemins pour se reconstruire, à votre rythme.
Et maintenant, quel chemin pour vous ?
Se reconnaître dans une ou plusieurs de ces formes de violence n’est pas une fin en soi : c’est souvent un point de départ. À l’Espace Oshoun, à Fribourg, l’Association Alafia propose un accompagnement complémentaire aux suivis psychologiques ou médicaux classiques — une approche qui passe par le corps, le geste et le rituel, pour celles qui ressentent le besoin de poser un acte sur leur propre histoire.
Que vous souhaitiez un espace individuel d’écoute, un chemin à deux pour réparer un lien (mère-fille, entre sœurs, parent-adolescente), ou la chaleur d’un cercle collectif à travers l’art, la nature ou le rituel, plusieurs formes d’accompagnement existent, pensées pour s’ajuster à votre rythme et à votre histoire.
Vous n’avez pas besoin d’avoir toutes les réponses pour franchir la porte. Il suffit parfois d’un premier pas.
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